CENTRE CULTUREL, SEDHIOU SENEGAL.
Construction d'un centre culturel en auto-construction à Sédhiou .
Lieux :
Ville de Sedhiou au Sénégal
Maître d'Ouvrage :
ONG, Kaira Looro
Maîtrise d’œuvre :
Hywel Thomas et Daniel Bicho
Missions :
Conception
État :
Concours international
Surface :
550 m²

L’ARBRE À PALABRES RÉ-INVENTÉ

Le projet d’un centre culturel pour la ville de Sédhiou a pour objectif d’offrir une nouvelle identité au territoire en créant un espace où les cultures puissent être transmises et communiquées. Le défi consiste alors à conceptualiser une architecture, simple pouvant être mise en œuvre par les habitants eux-mêmes, une architecture qui témoigne du rapport pacifique entre les différentes ethnies et qui encourage l’enseignement et la conservation des traditions.

Guidé par cette tradition, le projet réintroduit l’Arbre à Palabres au cœur de la communauté. Le majestueux et vieil arbre à palabres présent à l’entrée du site, par son importance sociale dans la communauté, agit en tant qu’entrée symbolique du nouveau centre culturel. Un axe de passage, artisanalement réalisé en briques de latérite vient créer un lien visuel et physique connectant l’arbre au bâtiment. Ainsi l’arbre de la tradition et le futur centre culturel contemporain résonnent et forment ensemble une entité nouvelle ayant comme but de préserver et de promouvoir leur propre culture. Une transition physique entre deux temporalités d’une même culture.

S’inspirant de l’apparente structure « chaotique » urbaine de Sedhiou, le nouveau centre culturel est conçu comme un « microcosme perméable ». Un microcosme qui favorise la notion et la sensation de transcendance, d’intimité, d’ouverture et d’harmonie entre les différents groupes d’ethnies. Son organisation poreuse, avec des espaces clos et ouverts, est conçue autour d’un patio planté de manguiers -assurant un espace ombragé toute l’année- en écho avec l’arbre à palabres, la végétation renforce ainsi les lieux de rassemblement et de transmission.

Les manguiers comme un symbole seront plantés, entretenus, récoltés et partagés entre les différentes ethnies, renforçant également le sentiment d’appropriation du lieu.

La flexibilité des espaces, l’utilisation et le réemploi de matériaux locaux (brique d’argiles artisanale, pisé, bois de baobab, acier, tôle ondulée) ont été privilégiés comme solutions durables et architecturales.

L’architecture optimise également l’utilisation et la préservation des ressources hydrauliques, par un système de drainage et de stockage intégré.

Les espaces intérieurs favorisent la sensation d’intimité et l’échelle domestique. La simplicité de mise en œuvre des matériaux naturels ou recyclés, la recherche des conforts thermiques, lumineux et sensoriels propices aux activités de concentration, ont guidé nos choix de conception.

Voulu comme un véritable « landmark » urbain, la toiture en couches superposées, qui contribuent aux rafraichissements des salles, est conçue à une échelle monumentale, elle révéle par sa présence iconique et audacieuse, le caractère institutionnel et culturel du programme.

Visualisation : P Garcia

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